Flash info 127: Coefficients de fermage 2020: une diminution généralisée

Dernière mise à jour le 13 Feb. 2020

La lente dégression des fermages depuis le nouveau décret limitant les fermages en 2015 se poursuit. La quasi-totalité des coefficients ont cette fois été revus à la baisse. NTF a rencontré sans tarder le Cabinet du Ministre Willy Borsus afin d’enrayer cette situation.

Aucun d’entre vous n’aura manqué de remarquer que, depuis 2015, la nouvelle méthode d’établissement des coefficients de fermage a entraîné une diminution répétitive et généralisée des coefficients sur toutes les régions agricoles. En 3 ans, et ce malgré le cliquet annuel des -5% établis à la demande insistante de NTF, la plupart des régions agricoles ont connu une baisse du fermage de -15%. Ce qui a aggravé la démotivation des propriétaires à rester dans le bail à ferme. NTF a présenté aux représentants du Ministre ses doléances par rapport à la nouvelle méthode d’établissement des coefficients.

 

Un échantillonnage non représentatif

Les coefficients sont établis pour moitié sur base du revenu agricole à l’hectare. Ce revenu est calculé à partir des données disponibles du « Réseau d’information comptable agricole ». Or, concrètement, ce réseau ne reprend qu’un échantillonnage restreint et non représentatif des exploitations agricoles qui doivent tenir une comptabilité au moment où elles font des gros investissements.

 

Un revenu du travail/ha minimisé par les charges

Le revenu du travail est obtenu après déduction des charges, telles que les locations, amortissements des investissements de l’exploitant constituant son patrimoine personnel (bétail, bâtiment, matériel) et des frais financiers générés par l’achat des terres. Par comparaison, c’est comme si le loyer d’habitation était calculé sur base du salaire du locataire, déduction faite de ses charges locatives et de l’achat de ses biens personnels ou professionnels. Donc si le locataire s’achète une nouvelle voiture plus grande, son loyer devrait diminuer…

 

La critique du système n’est certainement pas de mettre en doute les difficultés économiques que rencontre le secteur agricole mais, de s’interroger s’il est juste qu’une location de terres soit rémunérée sur base de la rentabilité du locataire, après qu’il ait payé l’ensemble de ses charges et sur base d’une moyenne qui n’inclut que les exploitations agricoles qui ont les charges les plus élevées ? NTF a donc demandé concrètement au Ministre que le décret limitant les fermages soit revu. Plusieurs pistes de réflexion incluant le respect des intérêts tant des bailleurs que des preneurs ont été déposées.


Tableau comparatif:

Sources: